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Distinguer la peau de la chemise
Montaigne, les Essais
La plupart de nos vacations sont farcesques....
Il faut jouer dûment notre rôle mais comme rôle d'un personnage emprunté. Du masque et de l"apparence il n'en faut pas faire une essence réelle, ni de l'étranger le propre. Nous ne savon pas distinguer la peau de la chemise. C'est assez de s'enfariner la poitrine. J'en vois qui se transforment et se transsubstancient en autant de nouvelles figures et de nouveaux êtres qu'ils entreprennent de charger, et qui se prélatent jusques au foie et aux intestins, et entrainent leur office jusques en leur garde-robe. Je ne puis leur apprendre à distinguer les bonnetades qui les regardent de celles qui regardener leur commission, ou leur suite, ou leur mule....
Ils enflent et grossissent leur aâme et leur discours naturel à la hauteur de leur siège magistral.

Montaigne.




les Bons conseils, par Oscar Wilde

Il est toujours stupide de donner des conseils, mais donner de bons conseils est une chose absolument désastreuse

in Oscar Wilde, La vérité des masques, essais et aphorismes, éd. Rivages poche Petite bibliothèque, Paris, 2001.




17 mai 2026

Extrait de : Les Récits hassidiques, par Martin Buber, Editions du Rocher, 1978

traduit de l'allemand parArmel Guerne


Quand le maître spirituel Israel Baal Schem Tov fondateur du hassidisme, avait une tâche difficile devant lui, il se rendait à un certain endroit dans les bois, allumait un feu et méditait en prière,


Et ce qu'il avait décidé de faire se réalisait


Une génération plus tard, quand un disciple eut à accomplir la même tâche, il se rendit au même endroit

dans les bois et dit :

--Nous ne savons plus allumer le feu, mais nous connaissons encore les prières.


Et ce qu'il avait décidé de faire se réalisa.


Une génération plus tard encore, quand le disciple du disciple eut lui aussi à accomplir la même tâche, il se rendit au même endroit dans les bois et il dit :

--nous ne savons plus allumer le feu, nous ne connaissons plus les prières, mais nous connaissons encore l'endroit dans les bois où cela s'est passé. Ce doit être suffisant.

Et ce fut suffisant.

Mais une génération plus tard encore, quand le disciple du disciple du disciple s'assit dans son fauteuil doré dans son château, il dit :

Nous ne savons plus allumer le feu. Nous ne connaissons plus les prières. Nous ne connaissons plus l'endroit dans les bois où tout cela s'est passé. Mais nous pouvons encore raconter l'histoire.




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